Il a dit qu’il reviendrait au printemps.
Ce n’est pas une déclaration. Personne ne déclarait rien, dans ce temps-là et à cet endroit-là. C’est une phrase dite debout, près de la clôture, en regardant ailleurs, et qui engage une année entière.
J’ai répondu que c’était correct.
Je pense souvent à ces deux phrases. Elles sont ridicules si on les écrit ; elles contiennent tout si on les a vécues. Nous savions tous les deux ce qu’elles voulaient dire, et nous savions tous les deux qu’il faudrait attendre l’hiver, les chantiers, la glace, et que rien n’était sûr.
Ce que je ne savais pas, c’est qu’une promesse tenue peut coûter plus cher qu’une promesse rompue.